Le « The Orbital Strangers Projet », mené par un duo anglo-hongrois de photographes, nous explique pourquoi travailler en noir et blanc et nous offre un aperçu de leur maßtrise des images monochromes.
Csaba Aknay et Gabor Kotschy ont passĂ© 20 ans Ă se forger une rĂ©putation individuelle de photographes professionnels. Ce n’est que rĂ©cemment qu’ils ont dĂ©cidĂ© dâassocier leur vision et leur Ă©nergie crĂ©ative autour du projet « The Orbital Strangers Project ». Depuis lors, ils travaillent ensemble sur de nombreux projets, pour des clients tels que des magazines, des agences de publicitĂ©, des productions pour des entreprises ou des films.
Une part importante de la production du projet « Orbital Strangers » est en noir et blanc. Csaba et Gabor Ă©tant des maĂźtres du monochrome, nous les avons interrogĂ©s sur leur dĂ©marches pour rĂ©aliser des images aussi saisissantes, ainsi que sur les raisons pour lesquelles ils ont choisi les appareils photo et les objectifs FUJIFILM. « Il n’y a pas de meilleure technique pour exprimer le ressenti intime que le noir et blanc » selon Csaba. « C’est la raison pour laquelle câest un choix idĂ©al pour transmettre des Ă©motions ou pour reprĂ©senter des approches individuelles fortes. Nous photographions en noir et blanc sur un large Ă©ventail de sujets et c’est une approche qui convient parfaitement Ă notre façon de travailler ».
Ils sont devenus FUJIFILM X-Photographers en 2017, mais tout comme leur fascination pour le noir et blanc, leur histoire avec la SĂ©rie X a commencĂ© bien avant. « DĂšs que nous avons eu l’occasion d’utiliser le FUJIFILM X-Pro1, nous avons Ă©tĂ© Ă©tonnĂ©s par la conception des appareils photo FUJIFILM et ses rapports avec la photographie. Depuis longtemps, nous cherchions un appareil photo numĂ©rique professionnel de style tĂ©lĂ©mĂ©trique avec une ergonomie classique», se souvient Csaba.
« Et malgrĂ© lâĂ©volution de la gamme Ă partir du X-Pro1 original, il est significatif que Csaba possĂšde toujours cet appareil », ajoute Gabor. « Il a dĂ©cidĂ© de le garder pas seulement pour des raisons sentimentales. GrĂące Ă des choix comme le contrĂŽle manuel, les appareils de FUJIFILM nous proposent une approche Ă la fois traditionnelle et moderne de la photographie. Cette conception s’adapte parfaitement Ă notre style et Ă la façon dont nous voulons prendre des photos ».
En tant qu’experts de la photographie noir et blanc, les deux hommes sont en mesure de partager de nombreux conseils. Qu’est-ce qui est le plus important selon eux dans la rĂ©alisation d’images monochromes ? « En raison du manque de couleurs, la photographie en noir et blanc apparaĂźt de prime abord assez simple », explique Gabor. « c’est un genre ancien, classique, faussement complexe, et qui peut facilement piĂ©ger un photographe inexpĂ©rimentĂ©. Le vrai truc, c’est de commencer à « voir en noir et blanc ». Il faut s’entraĂźner Ă rejeter les couleurs, et cela peut ĂȘtre plus difficile quâon ne se lâimagine ».
Pourquoi cela est difficile ? « Eh bien, tout ce que nous pouvons voir autour de nous pullule dâinformations en couleur », explique Gabor, « c’est ainsi que nous percevons naturellement le monde, et se priver des couleurs est un trĂšs grand changement. Comme il s’agit d’une maniĂšre de mettre le monde en images totalement diffĂ©rente de la photographie couleur, tout commence par une dĂ©cision dĂ©libĂ©rĂ©e de travailler en noir et blanc. C’est l’Ă©tape la plus importante du processus. Chaque Ă©tape ultĂ©rieure dĂ©pendra de cette dĂ©cision ».
« Apprendre Ă voir le monde diffĂ©remment, ce changement fondamental de notre approche est nĂ©cessaire pour faire des images en noir et blanc », reprend Csaba. « L’erreur la plus courante que les gens font lorsqu’ils prennent des photos en noir et blanc est de s’en tenir Ă une vision en couleur, au lieu de passer Ă une vision monochrome », souligne-t-il. « Et comme les couleurs originales d’une scĂšne n’ont qu’une influence limitĂ©e lorsqu’elles sont traduites en photographie noir et blanc, d’autres aspects deviennent plus importants. Par exemple, des choses comme le rythme des Ă©lĂ©ments entrant dans la composition, les ombres, la relation entre les tonalitĂ©s de gris et le contraste gĂ©nĂ©ral de la photo, ressortent plus clairement, comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessous ».
Bien que les deux hommes prĂ©fĂšrent crĂ©er leurs images en noir et blanc en post-production en sâappuyant sur les fichiers RAW de leurs appareils FUJIFILM, Gabor affirme qu’une prĂ©visualisation monochrome affichĂ©e dans le viseur ou Ă l’Ă©cran peut aider Ă s’Ă©loigner de la couleur. « Les fichiers RAW nous donnent Ă la fois la qualitĂ© et la polyvalence, mais passer l’appareil en mode simulation de film noir et blanc peut ĂȘtre trĂšs utile pour la vision en noir et blanc », explique-t-il.
Pour illustrer la maniĂšre dont le travail sans couleur peut affecter la composition, Csaba dĂ©crit les changements typiques que l’on peut observer dans un paysage monochrome par rapport Ă la mĂȘme image en couleur. « La diffĂ©rence la plus spectaculaire se situe gĂ©nĂ©ralement au niveau du ciel ». « Le ciel est assez marquĂ© dans la plupart des paysages en couleur. Sans couleur, il est plus facile de lâĂ©viter et cela influence la composition. Avec un ciel blanc ou gris, il est plus intĂ©ressant de remplir l’image avec un sujet plus significatif, comme des arbres. Et bien que l’habitat naturel du projet « Orbital Strangers » soit la rue, il est intĂ©ressant que les images de l’environnement urbain suivent la mĂȘme approche, comme câest le cas sur lâimage ci-dessous ».
Ce que certains peuvent considĂ©rer comme des limites imposĂ©es par la photographie en noir et blanc, Gabor y voit plus des opportunitĂ©s. « La possibilitĂ© de se libĂ©rer du fardeau de la balance des blancs ou de toute autre question liĂ©e Ă la couleur ouvre des frontiĂšres », nous explique-t-il. « La photographie est un domaine dans lequel il existe un milliard de solutions. Prenez l’image suivante, par exemple. Elle montre comment nous pouvons crĂ©er une composition dynamique dans un environnement trĂšs contrastĂ©. Pour des images comme celles-ci, le contraste peut ĂȘtre augmentĂ© Ă un niveau impossible Ă envisager en couleur ».
Mais il ne faut surtout pas s’attendre Ă ce que la photographie en noir et blanc sauve miraculeusement une image. Les deux hommes tiennent Ă le souligner. « Certains pensent que lâabsence de couleur permet de se dĂ©charger dâune idĂ©e directrice, dâune vision ou dâune expertise », explique Csaba. « C’est la plus grosse erreur que l’on puisse faire en monochrome. Le noir et blanc n’est pas l’outil photographique ultime. Un portrait en noir et blanc n’est pas automatiquement rĂ©ussi ou bon sur le plan artistique ».
« De la mĂȘme maniĂšre », selon Csaba, « nous ne pensons pas que le noir et blanc soit automatiquement supĂ©rieur Ă la couleur en photographie de rue ou documentaire. MĂȘme si l’Ăąge d’or de la photographie documentaire sâĂ©tend des annĂ©es 20 Ă la fin des annĂ©es 60 et bien que le film monochrome en ait Ă©tĂ© son support, la technologie s’est depuis lors dĂ©veloppĂ©e. De nombreuses photos de rue et documentaires Ă©tonnantes ont Ă©tĂ© produites en couleurs. Cependant, une dĂ©marche en noir et blanc a encore un sens pour les photographes qui souhaitent explorer dâautres horizons. Dans des situations extrĂȘmes, les photos en couleur peuvent paraĂźtre exagĂ©rĂ©ment forcĂ©es, ce qui est moins susceptible d’ĂȘtre le cas en noir et blanc.  Le recours au noir et blanc peut ĂȘtre utile lorsque les teintes vont Ă lâencontre de la composition ou de l’ambiance que le photographe tente de crĂ©er. Le noir et blanc permet souvent d’attirer l’attention sur l’essentiel ».
Tout comme ils considĂšrent le noir et blanc comme un outil prĂ©cis pour exprimer leur vision artistique, le binĂŽme estime que les apports spĂ©cifiques de leurs appareils FUJIFILM accompagnent leurs choix esthĂ©tiques. « Nous ne croyons pas aux appareils multifonctions s’apparentant Ă des couteaux suisses, car le but recherchĂ© oriente toujours le choix dâĂ©quipement », explique Csaba. « Nous pensons que FUJIFILM a trouvĂ© l’Ă©quilibre parfait en termes de fonctions, de design et dâergonomie. C’est la raison pour laquelle le projet « Orbital Strangers » sâest orientĂ© vers la SĂ©rie X FUJIFILM.
« Tout au long de notre carriĂšre, nous avons eu l’occasion d’utiliser de nombreux matĂ©riels, mais il nous manquait toujours quelque chose jusqu’Ă ce que nous tombions sur la SĂ©rie X FUJIFILM », poursuit-il. « Comme le monochrome, ces appareils ne sont pas seulement des outils miraculeux, ce sont des supports prĂ©cis grĂące auxquels nous pouvons plus facilement concrĂ©tiser nos idĂ©es. Nous pensons quâun bon appareil photo peut nous inspirer et nous aider Ă libĂ©rer nos Ă©nergies. Le sentiment d’ĂȘtre inspirĂ© est l’une des valeurs les plus importantes dans notre rapport Ă FUJIFILM ».
Gabor approuve et ajoute que la qualitĂ© et la fiabilitĂ© du matĂ©riel leur permettent de se concentrer sur ce qui compte. « Avec FUJIFILM, nous n’avons pas Ă nous soucier de notre Ă©quipement, nous pouvons donc nous concentrer sur notre mission. En un mot, FUJIFILM nous rassure dans notre travail ».
Vous voulez crĂ©er de superbes photographies en noir et blanc comme celles de « The Orbital Strangers Project » ? Voici quelques conseils pour que le noir et blanc fonctionne au mieux sur diffĂ©rents sujets…
Utiliser des filtres en noir & blanc
Les modes de simulation de film noir et blanc MONOCHROME et ACROS de votre appareil photo peuvent ĂȘtre rĂ©glĂ©s sur les mode « Filtre Rouge », « Vert » ou « Jaune », chacun donnant Ă vos photos monochromes un style et une ambiance diffĂ©rente.
Ces options sont plus pratiques qu’un filtre optique Ă placer physiquement devant l’objectif et peuvent ĂȘtre utilisĂ©es Ă des fins similaires.
- De nombreux photographes utilisent les modes filtre jaune MONOCHROME+Ye et ACROS+Ye pour assombrir un peu le ciel bleu et faire ressortir les nuages.
- Les modes filtre rouge MONOCHROME+R et ACROS+R sont utilisés pour assombrir encore plus le ciel bleu et donner aux paysages photographiés un aspect et une ambiance plus spectaculaires.
- Les modes filtre vert MONOCHROME+Gr et ACROS+Gr sont utilisés pour éclaircir le feuillage et offrir une belle apparence aux portraits.
Faire des portraits en noir & blanc
Pour des portraits en noir et blanc, moins, c’est en fait plus. Sans la distraction proposĂ©e par les couleurs, nous sommes libres de nous concentrer sur le visage et l’expression du sujet – y compris sur ses traits caractĂ©ristiques, tels que les taches de rousseur, les rides ou les piercings. Le reste du cadre doit ĂȘtre simple, ne laissez rien perturber votre regard.
CrĂ©ez un contraste avec un Ă©clairage latĂ©ral Ă partir d’une seule source de lumiĂšre et essayez de placer les sujets clairs sur un fond sombre ou des sujets sombres sur un fond clair.
Traiter les paysages en noir & blanc
En photographie de paysage, recherchez les scĂšnes avec des formes audacieuses, comme la courbe d’une clĂŽture en bois sur les dunes de sable, ou une ligne d’entrĂ©e créée par une route qui serpente au premier plan.
Le contraste est Ă©galement stratĂ©gique et peut vous aider Ă crĂ©er des compositions minimalistes, belles par leur simplicitĂ©, comme un arbre isolĂ© dans la neige ou le flot blanc d’une chute d’eau devant des rochers noirs.








