Le photographe de paysage Andy Mumford décrit son matériel, explique sa technique et donne des conseils sur la prise de vue.
Si Andy Mumford vit actuellement sous le soleil de Lisbonne, sa création d’images l’a conduit aux quatre coins du monde. Photographe de paysage et de voyage, il est également un professeur de photographie passionné qui partage son expertise en animant des ateliers destinés aux créatifs en herbe.
« Les gens arrivent généralement à la photographie de paysage par deux chemins », commence Andy. « Soit ils sont vraiment intéressés par la photographie et les appareils photo, soit, comme moi, ils sont passionnés de randonnée et de nature.
Dès mon plus jeune âge, j’ai beaucoup pratiqué le camping avec mes parents et les randonnées dans le Peak District. J’ai toujours aimé être dehors dans la nature. Pour moi, tout est question d’expérience – ce qu’on ressent à cet endroit – et la photographie permet d’immortaliser ces sensations. »

Photo 2019 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T3 et FUJINON XF10-24mmF4 R OIS, 1/125 sec à f/9, 160 ISO
Essais et erreurs
Andy admet lui-même que les premières tentatives d’Andy en photographie de paysage n’étaient pas particulièrement réussies. Mais plutôt que se décourager, il a voulu comprendre pourquoi certaines photos étaient meilleures que d’autres.
« Je me souviens que, quand j’étais enfant, nous emportions un appareil photo argentique en vacances. Devant les photos développées, on disait : « Celle-ci est réussie ; celle-ci est ratée. » Mais je ne m’étais jamais interrogé sur ce que cela signifiait », se souvient Andy. « Qu’est-ce que cela signifie lorsqu’une photo est réussie ou non – et pourquoi ? Qu’est-ce qui a causé le flou ou la surexposition ? »

Photo 2019 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T3 et FUJINON XF10-24mmF4 R OIS, 1/30 sec à f/8, 160 ISO
« J’ai commencé à me pencher sur la question et j’ai cherché à comprendre pourquoi j’aimais certaines photos alors que d’autres étaient vraiment ratées, et j’ai rejoint les premières communautés de photographie en ligne. J’ai progressé et j’ai vite été rattrapé par l’obsession de prendre des photos de plus en plus belles, par exemple des expositions longues, l’attente de l’heure dorée, etc. J’ai tout appris tout seul, mais j’ai trouvé ma source d’inspiration principale dehors dans la nature. »
Reflétant cet amour du plein air, la photographie d’Andy cherche avant tout à communiquer le ressenti d’un lieu plutôt que de créer une représentation documentaire du paysage.
« Ce n’est pas vraiment l’endroit que vous photographiez », songe-t-il. « Vous cherchez à photographier ce que cet endroit suscite en vous. C’est l’objectif ultime de toute photo, en particulier dans la photographie de paysage. »

Photo 2020 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T3 et FUJINON XF10-24mmF4 R OIS, 25 sec à f/9, 160 ISO
Créer une ambiance
« Je ne suis pas pointilleux sur la perfection technique. Avant, je me souciais beaucoup de la perte de détails dans les hautes lumières par exemple, mais à mesure que vous gagnez en confiance en photographie, vous apprenez à accepter les imperfections », suggère Andy.
« Il m’arrive ainsi de photographier une scène où rien ne se passe dans le ciel. Dans beaucoup d’endroits où je travaille, comme en Namibie, le ciel est généralement très vide. Cela signifie que ce n’est fondamentalement pas un élément intéressant dans la photographie », remarque-t-il. « Ce que vous pouvez faire dans ce cas, c’est surexposer le ciel pour le rendre blanc et brumeux. »
Certes, les aspects techniques peuvent être modifiés et manipulés, mais selon Andy, il n’est pas possible de faire de compromis sur une composition forte. « La composition doit être harmonieuse », affirme-t-il. « Il existe toutes sortes de règles de composition, mais au bout du compte, l’essentiel est de créer un équilibre visuel. Il doit y avoir une harmonie dans la manière dont les différents éléments s’assemblent. »

Photo 2017 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T2 et FUJINON XF10-24mmF4 R OIS, 1/6 sec à f/11, 200 ISO
Un élément crucial, mais plus difficile à définir, pour une photo réussie est l’ambiance. « Ce qui fait la différence entre une bonne photo et une excellente photo, c’est l’ambiance », poursuit Andy. « Pour cela, il vous faut de bonnes conditions, à savoir une part de chance. Au fur et à mesure de mes progrès, j’ai appris à faire face aux intempéries et à la lumière diffuse pour trouver ou créer une ambiance, que ce soit en sous-exposant ou en post-traitement pour introduire des niveaux de contraste plus élevés. Vous avez besoin d’une ambiance pour donner du relief à votre image. C’est si important que même les personnes qui n’ont pas de compréhension technique ou d’intérêt pour la photographie la remarqueront et pourront ressentir quelque chose en regardant la photo. »

Photo 2019 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T3 et FUJINON XF10-24mmF4 R OIS, 1/60 sec à f/8, 160 ISO
Éléments de spontanéité
Dans le monde de la photographie de paysage, la planification joue un rôle essentiel, explique Andy : « Je travaille avec un partenaire qui n’accorde aucune valeur aux images spontanées. Il passe un temps fou à scruter les prévisions météorologiques et Google Earth et trouve sa satisfaction quand toutes les pièces s’assemblent comme il l’avait prévu. »
Si le travail d’Andy repose aussi sur une planification approfondie, il apprécie de laisser de la place aux imprévus dans sa photographie. « Il y a presque toujours un élément inattendu. Vous savez que la lumière interagira d’une certaine manière, mais il arrive qu’une portion de la scène se retrouve éclairée de manière inattendue. Vous devez donc être flexible et prêt à vous adapter.
Imaginons que, dans une image, vous ayez un premier plan à environ 6 mètres et votre sujet à des kilomètres. Entre votre premier plan et votre arrière-plan, il peut se passer toutes sortes de choses. Votre premier plan peut se retrouver dans l’ombre, alors qu’une trouée dans les nuages, ou un autre phénomène imprévu, éclairera votre arrière-plan.

Photo 2023 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T5 et FUJINON XF70-300mmF4-5.6 R LM OIS WR, 1/2000 sec à f/6.4, 640 ISO
« Dans ce cas, vous pouvez retirer votre objectif grand-angle et utiliser par exemple le FUJINON XF70-300mmF4-5.6 R LM OIS WR. Vous éliminez alors le premier plan, zoomez dans le paysage lointain et composez votre image différemment.
Si je considère mon portfolio, beaucoup d’images sont planifiées : nous attendons la lumière recherchée et prenons la photo. Mais même dans ce cas, il faut souvent trouver un premier plan particulier qui fonctionne avec l’arrière-plan que nous avions repéré, ou la lumière se comporte de manière inattendue. Vous vous dites alors simplement que cela va marcher. »

Photo 2023 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T5 et FUJINON XF70-300mmF4-5.6 R LM OIS WR, 1/15 sec à f/5.6, 160 ISO
L’équipement de photographie de paysage d’Andy
Dans une discipline qui peut combiner photographie et longues journées de randonnée, Andy doit arbitrer entre la portabilité et la pure qualité optique lors du choix de son équipement. « Les appareils photo et les objectifs sont tellement meilleurs qu’à mes débuts, il y a 15 à 20 ans », souligne-t-il. « Nous avons beaucoup de chance. En général, les objectifs de la plus haute qualité sont plus lourds, c’est pourquoi j’utilise le système GFX si je veux m’extasier sur la qualité. Mais quand je recherche la portabilité, mon choix se porte sur le FUJIFIFUJIFILM X-T5LM X-T5. Et les objectifs moins chers de Fujifilm – ceux qui ne sont pas tout en haut de la gamme – sont excellents pour mes besoins. En général, plutôt que d’emporter les focales fixes les plus performantes et les plus nettes et des zooms f/2.8, j’opte pour la légèreté.

Photo 2023 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T5 et FUJINON XF70-300mmF4-5.6 R LM OIS WR, 1/40 sec à f/6.4, 640 ISO
« J’emporte toujours un zoom grand-angle, comme le FUJINON XF10-24mmF4 R OIS WR et aussi un zoom téléobjectif, comme le XF70-300mmF4-5.6 R LM OIS WR. Puis au milieu, j’ai un zoom standard. Celui que j’utilise est le FUJINON XF16-50mmF2.8-4.8 R LM WR. C’est un superbe objectif qui ne pèse que 240 g. Avec un objectif comme le XF70-300mmF4-5.6, qui ne pèse que 580 g, vous avez une configuration légère avec une couverture incroyable.
Je ne suis pas obsédé par l’utilisation des objectifs les plus nets possible. Si c’était le cas, j’utiliserais par exemple le FUJINON XF50-140mmF2.8 R LM OIS WR, le XF16-55mmF2.8 R LM WR II et le XF8-16mmF2.8 R LM WR. Ce sont des objectifs incroyables avec des ouvertures fixes à f/2,8, mais plus lourds.
La plupart des gens ne verront jamais ce pourcentage supplémentaire de netteté dans mon travail. Je le remarquerai peut-être si je zoome à 100 %, mais pour les tirages que je vends ou mes images destinées à des campagnes en ligne, on ne voit pas la différence. »

Photo 2019 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T3 et FUJINON XF10-24mmF4 R OIS, 30 sec à f/13, 160 ISO
Comment améliorer vos paysages
Il est certes important d’emporter l’équipement adapté à la mission, mais aux yeux d’Andy, ce n’est pas la priorité pour les photographes paysagistes débutants, loin s’en faut. « Ne vous focalisez pas sur l’équipement », note-t-il. « Ce sur quoi vous devez vous concentrer, c’est vous améliorer en tant que photographe.
Le golfeur Gary Player a déclaré : « Plus je m’entraîne, plus j’ai de chance. » Plus vous irez dehors, plus vous vous trouverez dans des endroits offrant des opportunités de photos réussies. Vous n’avez pas besoin d’aller loin », ajoute Andy. « Une grande partie de mon apprentissage s’est déroulée à moins de 45 minutes de chez moi, en photographiant le littoral près de Lisbonne. La plupart des gens vivent à proximité d’un espace naturel accessible en voiture. Ce qui est important, c’est de sortir à des heures qui ne sont pas nécessairement confortables. Se lever dans le froid pour le lever du soleil n’est pas agréable. Être dehors au coucher du soleil est synonyme de dîners très tardifs. Mais cela vaut la peine d’entrer dans cette zone d’inconfort. »

Photo 2023 © Andy Mumford | FUJIFILM X-T5 et FUJINON XF150-600mmF5.6-8 R LM OIS WR, 1/800 sec à f/7.1, 1000 ISO
Pour s’améliorer, il ne faut pas s’en tenir à créer des photos. Réfléchir à votre travail est un élément crucial du processus, suggère Andy. « Vous devez également faire preuve d’esprit critique au niveau de la composition. Avec les appareils photo actuels, il est relativement facile d’obtenir une bonne exposition et une bonne mise au point. Reste la composition, qui est une chose phénoménalement complexe à comprendre.
C’est la chose la plus difficile à enseigner. C’est comme essayer d’enseigner à quelqu’un pourquoi une certaine disposition de notes musicales fait une belle mélodie, alors que si vous les réarrangez, cela sonne faux. C’est quelque chose que nous ressentons presque inconsciemment. Pourquoi certaines formes sont-elles attrayantes ? Pourquoi un arbre isolé est-il plus attrayant que cinq arbres ? Il faut s’entraîner — et continuer à examiner ses photos pour savoir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. »